vendredi 14 janvier 2011

Esmeralda et Quasimodo... prennent le métro

Ce matin dans le métro, une jeune Esmeralda avec de longs cheveux noirs entre dans le wagon. Elle s'assoit. Un quasimodo vient tranquilement s'assoir tout près d'elle.

Je n'entends pas ce qu'il lui dit, c'est à peine si j'ai remarqué ce geste anondin de s'assoir à coté de quelqu'un dans le métro.

Brusquement, Esmeralda se lève d'un bon, et court (littéralement) dans le wagon pour se rendre à l'autre extrémité. Elle jette des regards furtifs en arrière comme si une bête, un monstre la suivait. Je croyais voir un film d'horreur.

Puis, elle se rassoit, et se tranquillise en regardant vers l'arrière de wagon pour s'assurer que le monstre ne la suit pas.

Le temps de réaliser qu'est-ce qui c'était passé, je remarque que ce quasimodo sans bosse est à coté de moi. Souriant, il me dit bonjour.
Tout simplement.
''Bon matin'', je lui réponds en souriant.

Je ne remarque pas si il est plus laid qu'un autre. Je remarque seulement qu'il a un petit sourire naif et me regarde comme si j'étais la plus belle femme du monde.
Je retourne dans mon cocon de ''il est 6h45 du mat et je bois mon café'' en remettant mes écouteurs de ipod.
Il me regarde tout au long du trajet.

Juste avant d'arriver à Berri-UQAM, il me met la main sur l'épaule et me dit doucement:
''Bonne journée à toi. Tu es vraiment jolie. On se serre la main ?''
Je lui tends la main.

''On se fait un calin?''
''Ah, la, il est un peu tôt encore pour les calins. Mais je te souhaites une super belle journée à toi aussi. Merci.'' Je lui fais un gros sourire et je m'en vais doucement, sans courir.

Et je quitte le wagon.

Quasimodo n'était pas laid, juste un peu gras, sans plus. On ne remarquait à peine sa déficience lorsqu'il parlait.

Quasimodo mérite du respect. Il est comme les autres, avant d'être un usager du métro, un leve-tôt, un quasimodo... Il est un être humain. Il est comme nous tous.

Vous avez le droit de ne pas être à l'aise avec les gens qui souffrent certains troubles mentaux plus apparents, qu'ils soient déficients intellectuels, autistes, trisomiques...
Mais, sachez qu'ils ont droit au respect. Un simple bonjour au lieu de courir va faire toute la différence dans leur estime de soi (difficile à forger) et dans leur bonheur quotidien.

Ils ne sont pas des monstres, ils ne sont pas dangereux et ils ne sont pas malades. Ils ne vous donneront pas une maladie en vous serrant la main.. du moins pas plus qu'une autre personne. Ils sont des êtres humains avec une touche de spécial, d'unicité et de bonheur instantané, qui me permettent en un vendredi matin sombre et fatiguant, de recevoir un compliment, un sourire et mon premier ''bonne journée'' .

Bonne journée à tous!


Le pape des fous - Quasimodo - Notre dame de paris - Le musical

Petite filles
Vous ne vous moquerez plus
Quand vous verrez dans la rue
Quasimodo le bossu

Il m'ont �lu
Le Pape des Fous

C'est aujourd'hui le jour de la f�te des Rois
Et pour un jour cela me donne tous les droits

M'aimeras-tu
Esmeralda?
M'aimeras tu?

Mais tu t'en fous
Esmeralda
Oh! tu t'en fous
Qu'ils m'aient �lu
Le Pape des Fous

Petites filles
Qui r�citez des rondeaux
En mimant Quasimodo
Avec sa bosse au dos

Qu'est-ce que ca vous fait
Que je sois si laid?

Je hais la femme et l'homme qui m'ont donn� le jour
Et m'ont abandonn� sans me donner d'amour

M'aimeras-tu
Esmeralda?
M'aimeras-tu?

Mais tu t'en fous
Esmeralda
Oh! tu t'en fous
Qu'ils m'aient �lu
Le Pape des Fous
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6 commentaires:

  1. La peur vient de l'ignorance. Malheureusement. Et on apprends par l'exemple alors je suis certaine qu'au moins une personne t'as vu dans le métro interagir avec Quasimodo et que ça l'a fait réfléchir (comme à la lecture de ce billet!).
    Bonne journée à toi!

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  2. J'aime ton billet. Quand je travaillais en déficience intellectuelle-adulte, une des choses qu'on leur montrait était "comment agir en société".. pour éviter ce genre de rejet, l'incompréhension, la peur.
    Un monsieur avait déjà vécu une scène horrible, dans une épicerie, après avoir dit à une dame qu'il aimerait bien l'embrasser sur la joue. Elle s'était mise à crier après lui, à menacer d'appeler la police.. et le pauvre homme ne comprenait pas du tout la panique de la dame ni les conséquences possibles. Il avait été sorti par un employé de l'épicerie (pas qu'il résistait) et quand il racontait l'incident, il ne comprenait toujours pas ce qu'il y avait de mal à dire à cette dame ce qu'il avait envie. Pour lui, c'était un gentil compliment.

    Dur dur, hein. On devrait pouvoir les laisser agir librement et savoir que les gens comprennent et sont souples dans leurs réactions. Malheureusement, il y a de l'éducation à faire des deux côtés. Encore plus envers les "gens ordinaires"... :(

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  3. Beau billet, ça débute bien le matin!!

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  4. Je n'ai pas de mot...
    Très émouvant ce que tu écris.
    Le respect, on le doit à tout le monde.
    Mais je suis d'avis que l'ignorance est probablement une des causes de la réaction de certaine personne.

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  5. Ouf ! La différence fait peur et l'ouverture à l'autre encore plus ! Bravo pour ton ouverture !!!

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